Conférences

Audrey Pennel propose à toute institution, université ou entreprise, ses conférences sur le thème de l’histoire de l’art médiéval.

6 conférences sont actuellement proposées.


  • La production des manuscrits enluminés en France aux XIVe et XVe siècles.

Aux XIVe et XVe siècles, la diffusion du manuscrit enluminé obéit à un cheminement complexe où le rôle du commanditaire se noue parfois à celui de libraires et d’hommes d’affaires avertis contrôlant les ateliers de production. L’objet livresque offre de précieux renseignements sur les milieux politiques et artistiques de la France à la fin du Moyen Âge. Il informe notamment sur l’élaboration des bibliothèques, le goût des commanditaires, le statut d’un artiste et ses conditions de collaboration avec d’autres enlumineurs de son époque. Selon son rang social, le commanditaire contrôle souvent le travail de l’artiste et du copiste, par ailleurs étroitement liés. Un luxueux manuscrit enluminé permet ainsi à un prince ou un seigneur d’assurer la continuité d’un pouvoir culturel actif.

DUREE : 30 MINUTES.


  • Jeux, musique et création poétique dans l’imagerie courtoise à la fin du Moyen Âge.

En considérant les rapports entre texte et image, cette conférence examine le rôle joué par les femmes de Cour dans la création poétique, musicale et ludique. Comment la représentation de leur idéal fantasmé, la dame, agit comme muse du poète, médiateur de connaissance et apporte une dimension civilisatrice couple courtois ? L’instrument à cordes est-il une allégorie du corps de la dame aimée et la harpe, le symbole d’un savoir supérieur ? Enfin, la place de l’échiquier dans les images est-elle symbolique d’un procédé de séduction aristocratique ou d’un jeu de pouvoir entre la dame et l’amant ?

DUREE : 1 HEURE.


  • Les bibliothèques et les collections privées des princes sous Charles VI.

A la mort de son père, Charles V, le jeune roi Charles VI hérite de ses importantes collections. Ce privilège ne lui est cependant pas uniquement réservé. Son frère Louis d’Orléans, son cousin Jean Sans Peur mais aussi ses oncles, Philippe le Hardi et Jean de Berry se procurent, au cours de leur existence, les objets les plus divers et les plus beaux : manuscrits, tapisseries, pièces d’orfèvreries, médailles, pierres précieuses et camées… L’étude des inventaires et des pièces comptables permet de se faire une idée de ces prodigieuses collections, aujourd’hui en grande partie perdues. Composées d’objets précieux mais aussi hétéroclites rassemblés dans un lieu protégé et dévolu à cet usage, elles préfigurent l’aménagement des cabinets de curiosité du XVIIe siècle. Cette conférence est également l’occasion de s’interroger sur l’essor d’une telle prodigalité dans un contexte économique marqué par une grave crise financière (1385-1420).

DUREE : 30 MINUTES.


  • L’essor intellectuel du Moyen Âge tardif : Querelles et défenses des femmes.

Au début du XVe siècle, le monde lettré est marqué par l’essor du pré-humaniste parisien. Laïcs, ecclésiastiques ou membres de la Chancellerie royale, ces intellectuels se passionnent pour la redécouverte de textes classiques. Leur vision de la femme est ainsi fortement influencée par la tradition aristotélicienne. L’engouement de certains d’entre eux pour le Roman de la Rose se heurte à la critique d’un autre groupe de savants jugeant l’œuvre misogyne et immorale. La querelle rendue publique est menée, dans les camps des détracteurs, par la poétesse Christine de Pizan qui prend la défense de l’honneur des femmes. Sa volonté de voir la figure du chevalier ou du mari respecter la personnalité féminine se poursuit dans les décennies suivantes avec Alain Chartier ou Martin Le Franc. Leurs écrits soutiennent ainsi le droit des femmes à exister professionnellement ou à disposer d’une parole juridique au sein de la société médiévale.

DUREE : 1 HEURE.


  • Le renouveau chevaleresque en France à la fin du Moyen Âge.

Le Moyen Âge tardif est une période marquée par la réactualisation, au sein de la société de cour, d’un idéal de courage, de courtoisie et de largesse favorisant une activité romanesque et poétique. Malgré une débâcle de la chevalerie, l’image du parfait chevalier est maintenue par la création d’Ordres chevaleresques offrant l’occasion de s’illustrer dans la défense de l’honneur féminin. Cette conférence revient sur l’intense création artistique significative des liens étroits qui se tissent entre littérature et arts visuels. Parmi les thèmes profanes célébrés, « La reverdie » se déploie dans une imagerie mettant en scène des loisirs cynégétiques propre à l’aristocratie. L’inspiration pour la littérature en langue vulgaire, et notamment celle traitant de la « matière de Bretagne » conduit également à une évolution des tournois et joutes comme modèles de bravoure. L’engouement de la noblesse dirigeante pour ces thèmes aboutit à la création des Pas d’armes, reflets d’ambitions culturelles au service d’un pouvoir politique réel.

DUREE : 1 HEURE.


  • Femme et dame, entre idéal et réalité : la survivance d’un féminin fantasmé.

La femme médiévale d’ascendance aristocratique voit son identité détournée, idéalisée par la figure littéraire de la « dame ». Enjeu du désir masculin, elle apparaît dans les représentations comme une suzeraine, une douce amie à qui l’on prête hommage, ou fait l’objet d’une vénération sous les traits d’une déesse antique, d’une « ymage », d’une Vierge trônante… Les interprétations visuelles de certains textes allégoriques vont même jusqu’à faire disparaître son corps au profit d’un jardin clos ou d’une fleur éclose. Cette intervention permettra également de questionner notre rapport à l’image de la femme aujourd’hui, en considérant la continuité de certains codes esthétiques prônant un idéal féminin, dans les campagnes publicitaire notamment.

DUREE : 30 MINUTES.